Une journée en voyage à vélo ne ressemble jamais vraiment à ce qu’on avait imaginé. Entre moments suspendus, fatigue, météo et détours imprévus, le voyage à vélo change complètement notre rapport au temps.

7:30 – Le départ … qui traine
On avait dit qu’on partirait tôt.
Le réveil sonne.
On l’éteint. Les jambes sont encore trop lourdes, les yeux à demi ouverts.
Le petit déjeuner s’éternise.
Un café.
Puis un autre.
On discute. On parle de l’itinéraire, des choses qu’on veut voir. Je refuse le 53e détour que Clément propose parce que c’est quand même 15 bornes de plus.
On regarde l’heure.
On devrait y aller.
On se dit « ça va être trop chouette aujourd’hui, j’ai hâte ».
Et puis, finalement, on part.
9:00 – Accepter les imprévus
Les premiers kilomètres sont un peu hésitants.
Il y a le soleil et cette ambiance si particulière du matin. Le regard qui accroche chaque détail. Et on se dit « quelle chance de pouvoir vivre ça ».

Au bout d’une heure, la pluie arrive.
Pas une grosse averse.
Juste ce qu’il faut pour ne pas avoir envie de continuer.
On s’arrête dans un café.
On attend.
Un deuxième café.
On regarde les gens passer.
Le voyage à vélo impose un rythme.
Pas celui qu’on avait prévu.
Celui du moment.
14:00 – Apprécier le silence



On repart.
Deux heures sans parler.
Pas parce qu’on est fâchés.
Parce qu’on est lancés.
On se regarde. On sourit. On se comprend.
On avance.
On respire. On sent son corps.
De temps en temps, juste une phrase :
“Je t’attends en haut de la côte.”
16:00 – Faire des détours

« Il reste combien de bornes ? »
Un peu plus loin, un panneau.
“Chez Arin – Dégustation d’huîtres”.
Et pour y arriver, une descente.
Longue très longue.
Et comme je le dis toujours « qui descend … remonte ».
Ça vaut le coup ? Bien sûr que ça vaut le coup.
Et si on arrive pas à remonter ? « Bah on mettra pied à terre et ça prendra le temps que ça prend ».
Et on déguste des huîtres avec vue sur l’île de Bréhat. Je n’avais pas ça en tête quand on est partis ce matin.
Ce n’était pas prévu.
Et ce sont souvent les meilleurs moments. Même quand il faut remonter.

18:00 – Arriver autrement après une journée à vélo
On arrive à l’hôtel en fin de journée.
Fatigués. Un peu crassous.
Un peu ailleurs. Et toujours un peu honteux de notre apparence.
“Bonjour, est-ce qu’on peut mettre les vélos quelque part ?”
« Vous voyagez à vélo ? Super. Alors comment ça s’est passé ? Vous arrivez d’où ? »
La douche. Longue. Chaude.
19:00 – Prolonger le voyage
Et puis, on ressort. Manger, voir la ville, le coucher du soleil.
On n’a pas très envie de remonter sur le vélo. “Sinon on y va à pied ?”
Et on y va. Parce qu’on a pas fait tout ce chemin pour ne pas découvrir ce lieu. Même si c’est juste le temps d’une soirée.
Encore quelques kilomètres.
On flâne. On se détend devant un verre de vin. On regarde encore les gens passer.
« C’est quoi ce que tu as préféré aujourd’hui ? » « T’as eu raison d’insister pour qu’on aille voir ça. » « Tiens pour demain j’aimerais bien aller visiter ça vu qu’on ne fait que 40 bornes. On a le temps »
On rentre.
Et on s’endort. Sans trop de problème.
7:00 – Une nouvelle journée
La nuit est bonne.
Et le lendemain, on recommence.
« Combien de bornes aujourd’hui ? » « Faudra faire une pause de 12:00 à 14:00 parce qu’il pleut mais j’ai repéré un petit restaurant qui a l’air incroyable. »
« Ça va être trop chouette aujourd’hui encore. J’ai hâte. »
À vélo, on ne fait pas plus, pas mieux.
On fait autrement.
On vit la journée comme elle vient. Pas une liste de choses à voir. Juste un point À et un point B. Et 1000 possibilités.
